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Miscou

DES FRAGMENTS PAR SERGE PATRICE THIBODEAU

À la tête des Éditions Perce-Neige, Serge Patrice Thibodeau est aussi un auteur et un poète qui nous entraîne dans sa vision de Miscou, qu’il a exprimée en vignettes inspirantes. Tantôt historiques, tantôt anecdotiques, ces fragments instantanés nous permettent de voir cette île magnifique à travers les yeux d’un homme inspiré.

Que se cache-t-il sous les tourbières de l’île Miscou? Les racines du vent et de l’incertitude. Des secrets en attente de dévoilement. La genèse du caractère imprévisible de l’océan. Une liste interminable de trésors cachés et de plantes carnivores, de bardeaux de cèdre, de rosiers sauvages, de naufrages et de bateaux fantômes. L’accès aux mystères quand la voix intérieure devient lointaine. L’inventaire approximatif de désirs jusque-là inexprimés. L’alternance du rouge et du noir. L’inconnu.

Dix-septième siècle. Soir de brume relevant la rougeur dans les terres basses et humides; la soutane noire d’un jésuite s’y déplace à voix basse.

L’île traîne derrière elle un vaste continent qui l’ignore absolument, pour qui elle semble ne pas exister. Lieu de rencontres et d’échanges, lieu de transit où les choses passent de main en main : casseroles de métal, billes de verre, outils, fusils, fourrures, plantes médicinales et brins de laine. À l’ombre des prières et des litanies. Entre deux guerres, celles de l’un et l’autre continent.

Témoin de naufrages passés et à venir, d’un livre que personne n’ose écrire parce que ses pages s’agitent sans arrêt dans les flammes, sans promesse de repos, sans un mot.

À Miscou, on dit : c’est ici que les oiseaux virent de bord. C’est un de ces lieux dont on ne sait pas vraiment si c’est le début ou la fin d’un territoire / paysage / pays. Porte d’entrée ou porte de sortie, issue de secours, ça dépend de quel siècle il s’agit : celui des Vikings ou des Basques, celui d’un avion rouge égaré en marge de la voie transpolaire, celui de chansons ou de poèmes qui résonnent dans l’air du soir. Celui des enfants qui la quittent et celui des adultes qui y reviennent.

Miscou a laissé passer sur ses rivages des sols français, des doublons espagnols et des moidores portugais. Pour acheter du rhum et du vin, des armes et des outils. À l’ombre d’un jésuite. Bien avant la convoitise, l’avidité des exploitants. L’île réinvente l’accueil, d’un horizon à l’autre.

À l’ombre du phare, on échange des propos amoureux, on boit du vin et il arrive même qu’on se mette à rêver. Pendant que la lumière vacille en traversant l’île un jour de grand vent. La question se pose : Miscou scintille ou reflète la lumière, vue de l’espace? Si la réponse se fait attendre, c’est qu’elle n’est pas nécessaire.

L’île-fragment, le courage livré aux glaces, entièrement. Image de la pensée discontinue et des langues décomplexées. Un logis où tous les échos sont possibles, où les rêves de voyage se mettent à table, où les mains sont vaillantes et les voix éloquentes. Ce qui s’écrit au large bouge autant que le sable entre les orteils. On y perçoit le temps : il circule au rythme des solstices et des équinoxes, mais il ne livre aux regards que des instantanés à déchiffrer les soirs de brume.

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47.9604388,-64.5195165
  • ESPÈCES D'OISEAUX 270
  • RATIO
    VTT/VOITURE 2 : 1
  • MAISONS HANTÉES 5
  • STATION D'ESSENCE 0

Située au Nord-Est du Nouveau-Brunswick, la grande famille de l’île Miscou compte 585 habitants. Son phare veille fièrement sur le Golfe du Saint-Laurent et sur la baie des Chaleurs. Destination prisée par les gens de la région l’été, les locaux de Lamèque et de Shippagan vous diront qu’il faut aller à la plage à Miscou car l’eau y est plus chaude. L’automne ce sont les magnifiques tourbières qui virent au rouge vif qui en mettent plein la vue.